Les erreurs matérielles les plus fréquentes en photographie animalière (et comment les éviter)
La photographie animalière fait rêver, elle évoque énormément de choses propres à chacun. Elle a le pouvoir de retranscrire ce que nous ressentons, l’attente, l’observation et la sensation du cœur qui s’accélère lorsqu’un animal apparaît enfin dans le cadre. Mais entre l’émotion vécue sur le terrain et le résultat sur l’écran, il y a parfois un fossé. Et ce décalage ne vient pas toujours du regard ou de la sensibilité du photographe.
Très souvent, il est lié aux choix de matériel, car celui-ci est mal compris ou mal anticipé. Malheureusement la photographie animalière reste une pratique exigeante, technique, et qu’on apprend souvent seul via de nombreux essais, erreurs… et frustrations.
Avec le temps, et au fil de mes propres expériences, j’ai identifié des erreurs récurrentes que font beaucoup de photographes animaliers, débutants ou amateurs.
Penser que le matériel fera toute la différence
C’est souvent notre première tentation : investir dans un boîtier plus récent, plus performant, en se disant qu’il résoudra les problèmes rencontrés sur le terrain. Autofocus plus rapide, meilleure montée en ISO, rafale impressionnante… coupler cela à une focale avec une ouverte à 2.8 et un piqué incroyable ; sur le papier, tout semble réuni pour réussir.
Dans la réalité, le matériel, aussi performant soit-il, ne fait pas la photo à lui seul. Il ne remplace ni la compréhension de la lumière, ni l’anticipation du comportement animal, ni la maîtrise des réglages de base. Pire encore, un matériel trop complexe peut parfois freiner la spontanéité, surtout lorsqu’on ne le connaît pas encore suffisamment.
La question essentielle n’est donc pas “quel est le meilleur boîtier ou objectif ?” , mais plutôt : “dans quelles conditions est-ce que je photographie le plus souvent ?” Par exemple, un zoom, bien utilisé, peut parfois offrir plus de possibilités créatives et de confort qu’une focale fixe, parfois impressionnante par sa taille (et onéreuse), mais peu adapté à son quotidien. Avec le recul, mieux vaut parfois un boîtier plus simple, mais parfaitement maîtrisé, qu’un modèle dernier cri dont on exploite que 30 % des capacités.
Ces accessoires qu’on sous-estime… jusqu’au jour où ils manquent
On les considère souvent comme secondaires, et pourtant, sur le terrain, ce sont parfois eux qui font la différence entre une photo réussie et une occasion manquée.
En photographie animalière, le confort et l’anticipation jouent un rôle majeur. Être bien équipé, ce n’est pas être surchargé, mais c’est pouvoir se concentrer pleinement sur l’animal, sans que la technique ne devienne un obstacle.
Il existe de nombreuses situations, qui ne sont pas graves sur le papier, mais très frustrantes : une carte mémoire trop lente qui sature au mauvais moment, une batterie qui lâche après des heures d’attente, un manque de stabilité qui rend une vidéo inexploitable…. La liste est longue et je peux vous dire que j’en ai moi-même fait les frais !
Mon pire souvenir restera quand j’ai vécu au Zimbabwe pendant 6 mois, mon guide m’a proposé de m’emmener camper un week-end dans le parc national de Hwange, une opportunité qui ne se refuse pas ! Je n’ai quasiment pas dormi la veille tellement j’étais impatiente. La route était longue et mon matériel photo attendait patiemment dans mon sac jusqu’à la porte d’entrée de la réserve… Arrivée, je m’empresse de sortir mon boîtier avec excitation, je l’allume et là… le drame : « Pas de carte », elles étaient restées au camp de base à plus de 2h de route d’ici.
Photographier en laissant l’appareil tout décider
Les modes automatiques sont rassurants et utiles, au début. Ils permettent de se concentrer sur la scène qu’on voit, sans trop réfléchir, mais cela a ses limites. Face à un animal en mouvement, une lumière changeante ou un arrière-plan complexe, ils montrent rapidement leurs limites.
Il est important d’arriver à comprendre l’impact de la vitesse d’obturation, savoir quand ouvrir ou fermer son diaphragme, quel rôle ont les ISO… car ce sont ces ajustements, parfois minimes, qui vont permettre de transformer une image ratée en une image réussie.
On a parfois l’impression qu’il est très compliqué de connaître et de maîtriser les réglages, que cela nous déconcentre de ce que l’on voit, mais au contraire, reprendre le contrôle de ses réglages, c’est gagner en liberté et en confiance sur le terrain.
Accumuler du matériel sans vision globale
Avec le temps, beaucoup de photographes se retrouvent avec un sac de plus en plus lourd, rempli de matériel parfois redondant. On a souvent tendance à réaliser des achats qui répondent à un besoin ponctuel, sans réfléchir sur le long terme et sur l’évolution qu’on souhaite apporter à nos photos ou à nos projets futurs.
Or, un équipement efficace est avant tout un équipement réfléchi, il doit correspondre à notre pratique actuelle, tout en restant évolutif. Mieux vaut peu de matériel, bien choisi et bien compris, qu’une accumulation d’outils rarement utilisés.
J’aime beaucoup prendre le temps de me poser au début de chaque année pour réfléchir à ma vision sur les années à venir : quel type de photographie m’attire ? Est-ce qu’il y a des choses que j’aimerais changer dans ma prise de vue ? Est-ce que je souhaite me focaliser sur du portrait ou au contraire inclure plus de paysages ? Quels pays, ou régions, ai-je envie de découvrir dans les prochaines années ? Toute les réponses à ses questions vont influencer mes choix pour renouveler, ou non, mon matériel.
Pour aller plus loin…
La photographie animalière n’est pas une course au matériel le plus cher ou le plus impressionnant. Comme sur le terrain, c’est une discipline qui demande du temps, de l’observation, et une vraie compréhension de ses outils.
Si tu t’es reconnu dans certaines situations évoquées ici, sache que c’est normal. Je suis également passée par là, et malgré le fait que j’ai beaucoup appris de mes erreurs, il m’arrive d’en faire encore.
Pour aller plus loin, j’ai récemment créé un ebook qui regroupe toutes les bases que j’aurais aimé avoir quand j’ai commencé la photographie animalière (matériel, réglages, technique de composition, préparation des sorties photos ect…). J’ai fait en sorte de le rédiger de la manière la plus claire et accessible pour vous aider à :
comprendre comment choisir son matériel,
comprendre le rôle de chaque outil
comprendre comment utiliser son matériel
éviter les erreurs les plus courantes
Tu peux retrouver l’ebook « Bien débuter en photographie animalière : les outils qui font la différence » juste ici.
Parce qu’une fois que vous aurez trouvé votre matériel, et que vous l’aurez bien compris, vous pourrez enfin vous concentrer sur l’essentiel : le vivant.